Agriculture biologique et agriculture raisonnée : quelle différence ??

Agriculture biologique et agriculture raisonnée

  1.  Le bio c’est quoi ?

L’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales et d’élevages soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi, elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants.

Les bénéfices que la société peut retirer de l’agriculture biologique sont multiples en termes de création d’activités et d’emplois, de préservation de la qualité des sols, de la biodiversité, de l’air et de l’eau. Ce mode de production permet d’expérimenter en vraie grandeur des pratiques innovantes respectueuses de l’environnement et qui sont susceptibles d’être développées plus largement en agriculture. Ses modes de transformation privilégient la mise en valeur des caractéristiques naturelles des produits.

(http://agriculture.gouv.fr/)

  •  Culture

Les agriculteurs bio s’interdisent d’utiliser des pesticides et engrais chimiques de synthèse. Attentifs à une fertilité durable des sols, ils pratiquent une rotation des cultures, sèment des engrais verts ou épandent des matières organiques compostées.
Pour lutter contre les parasites ou les mauvaises herbes, ils mettent en œuvre des méthodes qui mobilisent une main d’œuvre importante (désherbage mécanique ou thermique, protection des cultures contre les pucerons obtenues par des lâchés de coccinelles…).

 

  • Elevage bio

Les agriculteurs bio nourrissent les animaux essentiellement avec des aliments biologiques (de 90 à 100 % selon les espèces). Ils assurent le bien-être dans les bâtiments d’élevage et accès au plein air. Ils limitent le recours aux antibiotiques (plus de deux traitements par an retirent à l’animal sa qualité bio). Les thérapeutiques alternatives, notamment l’homéopathie, sont fréquemment utilisées.

 

  • Savoir-faire

La pratique de l’agriculture bio nécessite des connaissances approfondies en matière d’agronomie.
On constate d’ailleurs que les agriculteurs bio sont dans l’ensemble plus jeunes et mieux formés. Ils sont organisés collectivement pour s’apporter mutuellement une expertise, partager les expériences acquises.

 

  • Ethique

Les agriculteurs bio ont en commun le souci de protéger la planète. Leurs pratiques culturales respectent les cycles naturels de la vie et garantissent ainsi le caractère durable de l’activité agricole.
Ils recherchent la diversité dans leur production, qu’elle soit végétale ou animale, et remettent au goût du jour des variétés et des espèces peu communes ou oubliées. Nombre d’entre eux pratiquent la vente directe de leurs produits.

 

 

Comment sont-ils contrôlés ?
Pour être commercialisé, tout produit dit “issu de l’Agriculture Biologique” doit subir le contrôle et obtenir la certification d’un organisme officiellement agréé.
Actuellement, six organismes privés sont agréés pour réaliser les contrôles des produits biologiques et délivrer la certification “Agriculture Biologique”. Il s’agit de ECOCERT, QUALITÉ France, ULASE, AGROCERT, AC L AVE et CERTIPAQ.
Pour être agréés, ces organismes ont dû répondre aux critères d’indépendance, d’ impartialité, d’efficacité et de compétence, tels que définis par le règlement communautaire, et les dispositions de la norme européenne EN45011 relative aux organismes chargés de délivrer la certification de produits.

2. L’agriculture raisonnée c’est quoi ?

L’agriculture raisonnée correspond à des démarches globales de gestion d’exploitation qui visent, au-delà du respect de la réglementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations. (http://agriculture.gouv.fr/)

Bien que dotée d’un caractère limitant et prudent, l’agriculture raisonnée reste de fait une agriculture industrielle « classique » qui – malgré l’utilisation de quelques méthodes issue de l’agriculture biologique – repose sur les principaux paradigmes suivants :

  • Utilisation pour les plantes d’engrais minéraux artificiels, issus du pétrole, et pour les animaux d’aliments hautement énergétiques (et de synthèse pour la partie vitamines et oligo-éléments). Le but : doper au maximum la croissance.
  • Sélection génétique des plantes ou animaux, et de modes d’élevages reposant quasi-exclusivement sur des impératifs économiques : pour les plantes, arrivée prévisible à maturité, aspect, durée de conservation, résistance aux chocs pour les transports. Pour les animaux, croissance accélérée, plus grand nombre de portée, résistance à certains stress d’élevage…
  • Protection médicale assistée des plantes ou animaux, grâce à l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse pour les plantes, ou d’antibiotiques pour les animaux.
  • Concentration géographique, et spécialisation des élevages ou des cultures en vue d’une exploitation économique « optimisée » : un mode de production qui se révèle à l’usage porteur de plus d’inconvénients que d’avantages (désertification des campagnes, appauvrissement accéléré des sols dû à la monoculture, pollution accrue des élevages).

Pour toutes ces raisons l’agriculture raisonnée reste mal adaptée à la production d’aliments de type terroir – Vins AOC (appellation d’origine contrôlée), fruits, légumes…) – les pratiques agricoles nécessaires pour un rendement élevé standardisent en effet les terres et nuisent à la concentration d’arômes de qualités. (1)

Les vrais buts
L’agriculture raisonnée est défendue en France par le réseau FARRE, regroupant l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes), l’ANIA (Association nationale professionnelle pour les engrais et les amendements) etc. Une preuve de son véritable but : maintenir la pérennité de l’industrie agro-alimentaire actuelle…

Soulignons enfin que, pour l’instant, les textes sont conçus de telle façon que les quantités d’intrants chimiques employées ne devraient pas diminuer : les industries agro-chimiques et agro-alimentaires peuvent contraindre l’agriculteur, sous couvert de respect de l’environnement et de traçabilité, à utiliser tel produit, telle semence, tel itinéraire technique… (2)

(1) Article : « Le Val de loire s’essouffle », Que Choisir, n°395, juillet-août 2002

(2) Article : « Le raisonnement par l’absurde », Campagnes solidaires, n°152, mai 2001

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